lunes, 2 de febrero de 2015

LE PERSONNAGE DU MOIS : Marcel Pagnol

Marcel Pagnol est un écrivain, dramaturge et cinéaste français, né le 28 février 1895 à Aubagne (Bouches-du-Rhône), et mort le 18 avril 1974 à Paris à l'âge de 79 ans.
Il devient célèbre avec « Marius », pièce représentée au théâtre en mars 1929. Il fonde à Marseille en 1934 sa propre société de production et ses studios de cinéma, et réalise de nombreux films avec les grands acteurs de la période (en particulier  Raimu ,  Fernandel ,  Pierre Fresnay ,  Louis Jouvet) : Angèle (1934), Regain (1937), La Femme du boulanger (1938).
En 1946, il est élu à l'Académie française. Après 1956, il s'éloigne du cinéma et du théâtre et entreprend la rédaction de ses « Souvenirs d'enfance ». Il publie enfin, en 1962, « L'Eau des collines» , roman en deux tomes : « Jean de Florette»  et « Manon des Sources» , inspiré de son film Manon des sources, réalisé dix ans auparavant et interprété par son épouse Jacqueline Pagnol.
Marcel Pagnol est le fils de Joseph Pagnol, instituteur à Aubagne, laïc et républicain, et d'Augustine Pauline Henriette La Brochette Lansot, couturière à la santé fragile. 
À partir de 1904, soucieux de la santé fragile d'Augustine, Joseph décide de louer pour les vacances une « villa dans la colline, juste au bord d'un désert de garrigue qui va d'Aubagne jusqu'à Aix ». Cette Bastide Neuve, située à la sortie du village de La Treille, à la périphérie de Marseille, et ses collines constitueront ce paradis de l'enfance heureuse où se déroulent les plus beaux épisodes de ses fameux « Souvenirs d'enfance» qu’il commence à rédiger en 1957 avec « La Gloire de mon père » , premier tome qui connaît un immense succès (plus de cinquante mille exemplaires vendus en un mois), dû entre autres à la façon dont Pagnol décrit les personnes qui lui sont chères dans le petit monde provençal qui l'entoure, et à la vivacité de ses souvenirs, embellis par le temps et l'imagination. Le deuxième tome, « Le Château de ma mère», en 1958, s'inscrit en tête du classement des meilleures ventes de l'année.
En 1965, passionné par cette énigme historique, il publie à son compte « L'homme au masque de fer», remanié en 1973 sous le titre « Le Secret du masque de fer ».
Pagnol a dit : « Si j'avais été peintre, je n'aurais fait que des portraits ». Peintre de la nature humaine, précurseur du portrait psychologique et de la valorisation de la culture régionale et provençale, il a légué à la postérité des portraits vivants des personnages de son enfance. Auteur comblé, il reçut tous les honneurs de son vivant : le succès, l'argent, la gloire et la reconnaissance des siens.
       
           







miércoles, 21 de enero de 2015

LE PERSONNAGE DU MOIS : Paul Verlaine

LE PERSONNAGE DU MOIS : Paul Verlaine

    
Paul Verlaine, « poète maudit », naît à Metz le 30 mars 1844 et meurt à Paris le 8 janvier 1896. La famille de Verlaine appartient à la petite bourgeoisie. Son père, comme celui de Rimbaud, est capitaine    dans    l’armée.
Verlaine s’installe avec sa famille à Paris en 1851. Il commence alors des études médiocres. Passionné de dessin et de littérature, il écrit des vers et des nouvelles à la manière d'Edgar Poe. En 1858 (à 14 ans), il envoie à Victor Hugo un poème de sa composition, intitulé     «Mort »
À 21 ans, Verlaine est chargé de la critique littéraire dans la revue « L'Art », il écrit des articles élogieux sur Charles Baudelaire et Victor Hugo. Il rencontre les Parnassiens, François Coppée, Théodore de Banville, José-Maria de Heredia et Leconte de Lisle. Pour les Parnassiens, l'art n'a pas à être utile ou vertueux et son seul but est la beauté.
Il fréquente les cafés et salons littéraires parisiens puis, en 1866, collabore au premier Parnasse contemporain et publie les  « Poèmes saturniens ». On y sent l'influence de Charles Baudelaire, cependant que s'y annonce déjà l'effort vers l'expression, vers la sensation rendue, qui caractérise sa meilleure poésie. En 1869, « Les fêtes galantes», des fantaisies évoquant le XVIIIe  siècle de Watteau, confirment cette orientation.
Il épouse Mathilde Mauté en 1870, pour qui il vient de publier « La bonne chanson ». Mais au rêve des fiançailles succèdent, presque tout de suite, les malentendus conjugaux. L'année suivante, il fait la connaissance d’un certain Arthur Rimbaud qui va bouleverser le confort bourgeois dans lequel Verlaine s'était installé. Verlaine quitte son épouse pour suivre le jeune poète ardennais en Angleterre puis en Belgique. C'est pendant ces voyages qu'il écrira « Romances sans paroles ». En 1873, il blesse Rimbaud d'un coup de revolver et est condamné à deux ans de prison, qu'il purge à Bruxelles et à Mons. C'est là, quand il apprend que son épouse a demandé et obtenu une séparation de corps, qu'il se convertit au catholicisme. Il en sortira le livre  « Sagesse ».      À sa sortie, il se rend à nouveau en Angleterre, puis à Rethel et exerce une charge de professeur. En 1884, il publie un essai sur trois "poètes maudits" (Mallarmé, Tristan Corbière, Rimbaud) qui contribue à le faire connaître. Avec Mallarmé, il est traité comme un maître et un précurseur par les poètes du symbolisme et par les décadents. À partir de 1887, alors que sa célébrité s'accroît, il plonge dans la misère la plus noire. Les productions littéraires de ses dernières années sont purement alimentaires. À cette époque, il partage son temps entre le café et l'hôpital. En 1894, il est couronné "Prince des Poètes"        et    doté    d'une    pension. 
Usé prématurément, il meurt dans la misère le 8 janvier 1896, à Paris. Le lendemain de son enterrement, plusieurs quotidiens relatent un événement curieux: dans la nuit qui a suivi les obsèques, la statue de la Poésie, au faîte de l'Opéra, a perdu un bras qui s'est écrasé, avec la lyre qu'il soutenait, à l'endroit où le corbillard de Verlaine venait de passer... 
Verlaine demande à la poésie d'être un chant discret et doux, traduisant des impressions indécises. Son « Art poétique », composé dès 1874 mais publié seulement en 1882, annonce l'esprit du mouvement symboliste tout en caractérisant    l'originalité    de    son    œuvre.

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.


            (ART POÉTIQUE)


   





    Il pleure dans mon coeur
    Comme il pleut sur la ville;
    Quelle est cette langueur
    Qui pénètre mon coeur?
    Ô bruit doux de la pluie
    Par terre et sur les toits!
    Pour un coeur qui s'ennuie
    Ô le chant de la pluie!
    Il pleure sans raison
    Dans ce coeur qui s'écoeure.
    Quoi! Nulle trahison?...
    Ce deuil est sans raison.
    C'est bien la pire peine
    De ne savoir pourquoi
    Sans amour et sans haine
    Mon coeur a tant de peine!
    (ROMANCES SANS PAROLES)